La réforme de la formation professionnelle consacre l’apprentissage comme l’une des grandes priorités du gouvernement. Reste cependant à faire table rase d’un des principaux freins à l’apprentissage : la fameuse chasse aux idées reçues.

Comment les français jugent l’apprentissage ? D’ailleurs, qu’en savent-ils réellement à ce propos ? Sauraient-ils déjà distinguer apprentissage et alternance ? Contrat d’apprentissage et contrat de professionnalisation ?

Pour le savoir, nous avons été à leur rencontre pour Octalia, l’un des principaux organismes de collecte de la taxe d’apprentissage. Avec toute une série de questions qui leur a été posée lors de ce micro-trottoir.

Cela tombe bien, cette « rencontre avec les français », arrive juste au moment où, avec la réforme de la formation professionnelle et la loi du 5 mars 2014, le gouvernement met en exergue l’apprentissage comme l’un des principaux vecteurs de sa fameuse politique d’inversion de la courbe du chômage.

Une réforme qui peut fonctionner à condition toutefois que tout le monde fasse fi de certaines idées reçues.

C’est ce que nous allons voir

L’apprentissage bénéficie d’une image favorable

Il est vrai que l’apprentissage peut, parfois encore, souffrir d’une réputation assez négative. Par exemple être vu comme une voie de garage, faute de diplôme.

Mais les français l’ont bien compris. Ils voient tout d’abord l’apprentissage comme une école de volonté, et non plus comme un choix subi. D’ailleurs, nombreuses sont désormais les formations qui utilisent cette opportunité en collaborant étroitement avec le monde de l’entreprise.

Indéniablement, un plus grand rapprochement entre les centres de formation et les entreprises est la clé pour garantir l’accès au monde du travail et renforcer l’employabilité des futurs salariés.

La conséquence logique de cette évolution, est l’observation de l’enrichissement de la palette de diplômes envisageables via la filière de l’apprentissage, jusqu’aux grandes écoles d’ingénieurs et de management.

Le revers de la médaille : le manque d’information sur l’apprentissage

Le revers de la médaille pour l’apprentissage, est le constat effectué autour de ses modes de financement, des rémunérations et de la typologie des contrats de travail.

Comme nous le subodorions, nombreux sont en effet les français à ne pas connaitre les règles et les droits conférés aux apprentis. L’apprenti est-il un stagiaire ? Est-il payé ? A-t-il des congés ? Quel type de contrat doit-il signer ? A ces questions, on trouve peu de bonnes réponses.

Plus grave, est de réaliser le manque d’information dans les entreprises. Alors que l’on pourrait s’attendre à ce qu’elles soient le plus au fait des conditions de l’apprentissage.

Selon un sondage ViaVoice réalisé en mars 2015 par le Conseil régional d’Île-de-France, plus de 44% des entreprises franciliennes se déclaraient pas assez ou mal informées sur le contrat d’apprentissage. Un déficit d’information particulièrement alarmant et à mettre peut-être en parallèle avec la désaffection constatée de plus en plus pour ce mode de recrutement, alors que le gouvernement s’est donné comme objectif de porter à plus de 500 000 le nombre d’apprentis d’ici  à 2017.

Voilà certainement un terrain où les partenaires sociaux et les OPCA auront dans l’avenir un rôle important à jouer, à savoir démocratiser et faire de la pédagogie.