Voici l’histoire du CPF. Le CPF, pour ceux qui ne le savent pas encore, est le Compte personnel de formation. Ce dispositif, issu de la loi du 5 mars 2014, est entré en vigueur au 1er janvier 2015. Il constitue l’une des grandes nouveautés de la réforme de la formation professionnelle et du dialogue social.

Le CPF ou l’histoire d’un diesel qui peine à démarrer

Vous avez une belle voiture. Elle roule plutôt bien, normal, le moteur tourne au carburant DIF. Et, après une dizaine d’années, vous savez parfaitement comment le faire fonctionner.

Seulement voilà qu’un jour, votre constructeur vous dit qu’il faut remplacer le moteur parce que la législation a changé. Le carburant DIF n’existe plus. Mais, rassurez-vous, à la place, il y a un carburant encore mieux : le CPF.

Vous vous dites, allez, rouler au CPF, pourquoi pas. De toute façon vous n’avez pas le choix. Et là, c’est le drame. Votre moteur au CPF, eh bien il ne démarre pas. Et surtout, très peu de stations service le proposent, il n’y a pas de SAV, ni la possibilité de revenir en arrière. On vous a donné une notice, mais vous n’y comprenez rien. Il faut tout vous expliquer. Voilà résumée l’histoire du CPF.

« Le DIF, c’est fini…

Et dire que c’était le dispositif,
De ma première formation… »

Hervé Vilard aurait pu entonner ce refrain sur une plage de Capri. En effet, le DIF (Droit individuel à la formation) est comme un vieil amour disparu que le CPF aurait remplacé.

Hélas, pour la love story, il faudra revenir plus tard. Accès aux formations, diplômes et types de certification, chute du nombre de formations, le CPF souffre de la comparaison.

Qu’y a-t’il sous le capot ?

Dès qu’on ouvre le capot, c’est la surprise. Il n’y a pas que le carburant qui a changé.

Il y a tout un flot de nouveautés ; l’abondement, le décompte des anciennes heures de DIF, l’ouverture du compte formation du salarié, le rôle de la caisse des dépôts, la certification mais aussi la création des Certificats de qualification professionnelle (CQP), l’Inventaire, l’inscription sur les Listes nationales interprofessionnelles du Copanef, le rôle du Registre national des certifications professionnelles (RNCP), la labellisation des organismes de formation, l’évaluation de la qualité de la formation, le Conseil en évolution professionnelle…

N’en jetez plus ! On croirait dérouler une pelote de laine.

Et le salarié dans tout ça ? Car c’est quand même lui qui est aux commandes, si l’on considère en effet que ce nouveau dispositif « personnel » lui est d’abord destiné.

Qui pour expliquer le mode d’emploi ?

Avec des débuts aussi difficiles, les acteurs de la formation professionnelle (Entreprises, OPCA, organismes de formation) ont dû revoir leurs outils.

Le rôle des OPCA (Organismes paritaires collecteurs agréés) s’est trouvé élargi pour combler le déficit d’information et faire en sorte que les salariés et les entreprises s’emparent du CPF.

Mais comment les entreprises peuvent-elles s’emparer d’un dispositif qui est d’abord attaché aux salariés et non plus à elles ? Comment faire la promotion d’un compte « personnel » créé au bénéfice des salariés, le tout dans le cadre de la dynamique de l’entreprise ?

La communication RH des OPCA en première ligne

Pour résoudre cette équation, les OPCA ont déployé une palette d’outils afin d’expliquer le fonctionnement du CPF auprès des salariés, de soutenir et informer les services RH des entreprises et d’aider les organismes de formation.

Chacun a sa méthode. Opcalia, un OPCA multi branches, a par exemple choisi la vidéo pour démocratiser le propos et le partager. Opca Défi, organisme paritaire rassemblant les branches des industries chimiques, pétrolières, pharmaceutique et de la plasturgie, a de son côté diffusé un guide sur le CPF. L’Afdas, OPCA du spectacle et de la communication, a quant à elle choisi d’éditer prochainement un guide sur la certification à destination des Organismes de formation, pour parler CPF, mais pas seulement !

Toutes ces actions n’ont qu’un but : mettre du CPF dans le moteur de la formation professionnelle et de l’employabilité des salariés. Mais est-ce suffisant ?

Communiquer pour quel résultat ?

Les chiffres officiels, montrent une réelle amélioration de la situation. Le travail de communication semble donc payer. La tendance s’est rapidement améliorée avec 2,6 millions de comptes activés au 1er février 2015 (sur un potentiel de 23 millions d’actifs du secteur privé) et 263.509 formations validées (essentiellement autour de l’apprentissage des langues, qui a été finalement intégré).

L’année 2017 a vu à son tour le CPF prendre sa vitesse de croisière : une hausse du nombre de formations de 16% par rapport à 2016, avec plus de 575000 formations financées grâce au CPF.

Pour l’instant, même si le carburant CPF ne coule pas encore à flot, cette petite histoire nous donne la preuve que la réussite d’une réforme se joue aussi dans la qualité de sa communication. Une qualité de communication qui se juge aussi sur d’autres critères.

Plus loin que le CPF, la marque employeur

On parle en effet de formation et d’employabilité. Mais l’on parle indirectement de marque employeur. L’évolution en compétence est en effet un élément important pour la marque employeur d’une entreprise. Elle permet de fidéliser, d’améliorer la formation en interne, l’attachement à l’entreprise. Au delà, c’est aussi la question du recrutement, de l’attraction de futurs talents.

D’où l’importance de ne pas négliger le CPF.

Au passage, si cet article vous motive à ouvrir votre compte CPF sur le site moncompteformation.gouv.fr, alors ce sera déjà un succès de communication.