La confiance baisse à mesure qu’on s’éloigne du poste de travail
Le CEVIPOF, centre de recherches politiques de Sciences Po, publie chaque année avec l’institut OpinionWay un baromètre de la confiance politique. La vague 2026 a interrogé en ligne 3 166 personnes inscrites sur les listes électorales en France, du 12 au 28 janvier 2026. Une des questions est posée aux seuls actifs. Elle porte sur la confiance dans leurs relations de travail.
Les réponses forment un escalier. 64 % des actifs disent avoir confiance dans leurs collègues immédiats. 55 % font confiance à leur responsable direct. La direction de l’entreprise ou de l’organisation tombe à 45 %, en recul de 4 points en un an, selon les résultats détaillés de l’enquête.
La direction est le seul des trois niveaux à passer sous la moitié. Son recul est aussi le plus fort. Collègues et responsables directs perdent un point chacun sur la même période.
Un écart qui touche surtout la France
La comparaison européenne situe le problème. La même question donne 55 % de confiance envers la direction en Allemagne, 54 % en Italie et 58 % au Royaume-Uni. Pour les collègues, la France (64 %) est au niveau de l’Allemagne (65 %).
L’écart français se concentre donc au sommet de l’organisation. Le collectif de travail, lui, tient à peu près comme chez nos voisins.
La proximité sert de refuge, dans la société comme au travail
Le CEVIPOF a titré sa publication sur l’effondrement de la confiance en politique et sur une proximité qui « fait figure de refuge ». La confiance dans la politique est mesurée à 22 %. Les maires recueillent 60 %.
Le même mouvement s’observe pour les entreprises. Les petites et moyennes entreprises obtiennent 80 % de confiance, en hausse de 4 points. Les entreprises en général sont à 62 %, les grandes entreprises publiques à 52 % et les grandes entreprises privées à 48 %. Plus la structure est grande, moins elle inspire confiance.
L’enquête ne mesure pas l’effet d’un message interne. La lecture reste raisonnable. Une annonce signée par une direction que le salarié ne croise jamais démarre avec moins de crédit que la parole de son responsable, qu’il voit chaque semaine.
Le besoin de considération dépasse la question de l’information
Deux autres résultats complètent le tableau. 88 % des Français estiment que l’on a besoin d’être mieux pris en considération dans la vie au travail, dont 42 % tout à fait. Seuls 45 % des actifs et retraités jugent que leurs efforts professionnels ont été reconnus et récompensés. 52 % pensent le contraire.
L’humeur générale pèse aussi. Invités à choisir les mots qui décrivent leur état d’esprit, 45 % des Français citent la méfiance et autant la lassitude, en hausse de 5 points. La confiance n’est citée que par 10 % d’entre eux.
Ces chiffres déplacent la question pour les équipes RH et communication. Le sujet devient la preuve que la parole des salariés a été entendue et qu’elle a pesé sur une décision.
Cinq choix pour une communication interne qui tient compte de la confiance
Faire des managers le premier canal
Le responsable direct inspire plus confiance que la direction, 55 % contre 45 %. C’est le relais à privilégier pour les annonces qui comptent. Cela suppose de l’informer avant son équipe, de lui donner les raisons d’une décision en même temps que son contenu, et de lui laisser le temps de répondre aux questions.
Un manager qui découvre une annonce en même temps que ses équipes ne peut rien expliquer. Il perd alors une partie du crédit que le baromètre lui accorde.
Montrer la suite donnée à l’écoute
Une enquête interne, un baromètre social ou une série d’entretiens ne créent de la confiance que si les salariés voient la suite. Publier ce qui a été entendu, ce qui a été décidé et ce qui ne le sera pas donne une valeur à l’écoute. Sans ce retour, la consultation suivante obtient moins de réponses et des réponses plus prudentes.
Ne pas promettre ce que personne ne peut garantir
La méfiance se nourrit des promesses non tenues. Côté politique, seuls 20 % des Français sont d’accord pour dire que la plupart des responsables essaient de tenir leurs promesses. Une entreprise n’a aucune raison d’échapper à cette logique.
Un message rassurant démenti trois mois plus tard coûte plus cher qu’un aveu d’incertitude. Dire ce qu’on sait, ce qu’on ignore encore et la date du prochain point suffit souvent à garder l’attention des équipes.
Reconnaître le travail de façon visible
Avec 52 % d’actifs et de retraités qui ne se sentent pas reconnus, la reconnaissance relève de la communication interne autant que de la rémunération. Nommer une équipe, raconter un projet par ceux qui l’ont mené, donner la parole aux métiers de terrain dans les supports internes, ces gestes coûtent peu.
Les salariés reconnus sont aussi ceux qui parlent le mieux de leur entreprise à l’extérieur. Notre article pour transformer ses salariés en ambassadeurs de la marque employeur détaille cette mécanique.
S’appuyer sur le collectif de travail
Les collègues restent le niveau le plus solide, à 64 %. Les dispositifs qui passent par les pairs prolongent cette confiance. Témoignages croisés entre services, parrainage des nouveaux arrivants, communautés métier en sont des exemples.
Ces dispositifs fonctionnent quand ils reflètent la culture d’entreprise que les salariés vivent au quotidien. Un témoignage trop poli, relu par cinq services, perd ce qui le rendait crédible.
Une direction se fait entendre par ses relais
La confiance des salariés existe. Elle se concentre près du poste de travail, chez les collègues et le responsable direct. Une direction qui veut être entendue a intérêt à passer par ces relais, à écouter avant d’annoncer et à montrer ce que l’écoute a changé.
DAJM accompagne les entreprises et les branches professionnelles dans leur communication interne. Pour en parler à partir de votre situation, écrivez à l’équipe DAJM.
Questions fréquentes
Les salariés font-ils confiance à leur direction ?
En France, 45 % des actifs déclarent avoir confiance dans la direction de leur entreprise ou de leur organisation, selon le baromètre CEVIPOF 2026 réalisé par OpinionWay. Le chiffre recule de 4 points en un an. Il reste inférieur à ceux de l’Allemagne (55 %), de l’Italie (54 %) et du Royaume-Uni (58 %).
À qui les salariés font-ils le plus confiance au travail ?
À leurs collègues immédiats, cités par 64 % des actifs dans le baromètre CEVIPOF 2026. Le responsable direct suit avec 55 %. La direction arrive en dernier avec 45 %.
Pourquoi passer par les managers en communication interne ?
Les managers bénéficient de plus de confiance que la direction, 55 % contre 45 % d’après le CEVIPOF. Un manager informé en amont, qui connaît les raisons d’une décision, peut l’expliquer à son équipe et répondre à ses questions.
Comment suivre la confiance des salariés dans l’entreprise ?
Une même question posée chaque année suffit à suivre une tendance, par exemple la confiance dans les collègues, le responsable direct et la direction. Reprendre la formulation du baromètre CEVIPOF donne un repère national, à lire avec prudence car les échantillons diffèrent.
Les Français font-ils confiance aux entreprises ?
Ils font surtout confiance aux plus proches. Les PME obtiennent 80 % de confiance, les entreprises en général 62 % et les grandes entreprises privées 48 %, selon le baromètre CEVIPOF publié en février 2026.



