Les Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang ont été un succès. Outre notre record de médailles, s’il y a bien une chose à retenir, c’est la phénoménale démonstration d’employee advocacy des pom-pom girls nord-coréennes. De quoi en prendre de la graine.

Par notre envoyé spécial à PyeongChang.

 

La Corée du nord relance sa marque employeur

Même si le dégel est là, l’institution nord-coréenne souffre toujours d’une image employeur exécrable. Désamour des clients, faiblesse du recrutement, taux de départ élevé des collaborateurs, le constat est accablant. Les KPI sont en effet là pour le rappeler : la situation intérieure, comme extérieure, ne va pas en s’améliorant.

Pour preuve, à l’externe, l’expérience candidat est en souffrance. Les postes vacants ou portés disparus ne sont en effet pas remplacés. Quand au sourcing de talents, il est quasiment inexistant. Le pouvoir d’attraction frise le degré zéro.

En interne le constant est tout aussi négatif. Ainsi, l’expérience collaborateurs affiche très vite ses limites (absence de tickets repas, croissance exponentielle des troubles musculo-squelettiques, arrêts maladie, arrêts tout courts). Quant à la Qualité de vie au travail, elle n’était clairement pas la préoccupation jusqu’à présent.

Fort de ce constat, Monsieur Kim, son Président Directeur Général, qui a repris les reines de l’entreprise paternelle en 2012, a décidé depuis quelques semaines de changer de stratégie. Une sorte de grand bond en avant se profile. Seulement réussira-t-il à se transformer en grand timonier de la marque employeur, ou en Chief Happiness Officer de sauvetage ?

 

La Corée du nord s’appuie sur l’ambassadorat

Faire évoluer positivement l’expérience salariés nécessite un travail en profondeur. C’est tout particulièrement nécessaire en termes de Qualité de vie au travail (voire, surtout, de qualité de vie ou de vie tout court).

Cependant, les finances actuelles ne permettent pas un tel investissement, ce dont l’actuel PDG est bien conscient.

Voilà pourquoi il a préféré lancer un chantier plus facilement accessible sur le court terme. Ce chantier a commencé à l’occasion des jeux olympiques d’hiver. Monsieur Kim a profité de l’évènement international pour mettre en place sa nouvelle campagne de marque employeur monde.

Et preuve de son importance, cette action a débuté en mettant l’accent sur l’employée advocacy.

Sa stratégie de marque employeur a ainsi misé sur des ambassadrices dont l’objectif annoncé est de véhiculer une image positive, et séduisante.

 

La Corée du nord peut compter sur des collaborateurs engagés

L’employee engagement est donc la clé de voute de cette nouvelle stratégie d’employee advocacy. Il faut préciser que c’est une véritable tradition en Corée du nord, cultivée depuis des générations au sein de l’entreprise de Monsieur Kim, père et fils. Elle repose sur un ADN fort, né en 1953, et des valeurs impulsées jusqu’au plus haut sommet de la hiérarchie.

Il n’est donc pas étonnant de voir que le comité exécutif, dirigé d’une main de fer dans un gant de fer par Monsieur Kim, ait fait appel à cette tradition par la voix notamment de ses célèbres pom-pom girls d’entreprise.

 

Employee advocacy : la leçon nord-coréenne

Le Président Directeur Général nord-coréen l’a bien compris. Quelle que soit l’entreprise, l’employee advocacy et l’employee engagement, sont les deux mamelles de la marque employeur.

Un exemple à suivre, à condition de ne pas le faire sous la contrainte.