Bientôt vous installerez une boite noire dans votre voiture pour que votre assureur suive en temps réel la qualité de votre conduite et vous récompense, ou pas. 
Bientôt les citoyens chinois bénéficieront tous d’un système de notation de leur comportement réel et virtuel. Bons points à la clé, ou pas.
Bientôt nous figurerons tous dans la grande base de données qui se met en place à l’échelle nationale. Grand bon en avant administratif, ou pas.
Bienvenue dans le monde de la Big Data.

Tout est déjà data. Et tout le sera encore plus, dans votre vie quotidienne comme dans votre vie professionnelle.
La Data est le nouvel or noir. Pas étonnant de voir alors que la gestion des données en matière de RH fait aussi son chemin dans les entreprises. D’après ses promoteurs, elle offre de nombreux avantages.

Tout est bon dans la data RH ?

Réaliser des analyses prédictives sur le personnel pour anticiper les départs et viabiliser les recrutements.
Stimuler la productivité des salariés, ou plutôt devrait-on dire, du « capital humain ». Le terme de « cheptel humain » n’était apparemment pas politiquement correct et n’a pas été retenu.
Couvrir au plus près les besoins en formation, reconversion, en gestion des compétences grâce à l’analyse des données du salarié, disponibles sur le réseau social d’entreprise, dans ses email, dans les compte-rendus d’entretiens d’évaluation.
Le suivi en temps réel de l’activité n’offre que des avantages apparemment. On peut facilement imaginer un sytème de data notation interne permettant le pilotage du capital humain pour optimiser le temps de transport, la performance de travail, pour analyser la personnalité des salariés, et les risques de baisse de performances liés aux retards, à l’absentéisme, à la pause cigarette, à un régime alimentaire trop gras qui complique la digestion du début d’après midi.

La data RH, oeil de Moscou de la RH ?

En réalité, tout est possible pour améliorer le climat social et le bien-être des collaborateurs. La Data est là pour aider à optimiser l’entreprise, ce qui passe aussi par l’amélioration du capital humain.

Mais ce suivi individuel, cette « optimisation » qu’offre la Data RH, qui pourrait virer au flicage pour certains, est-elle compatible avec la notion de confiance, l’un des vecteurs de la qualité de vie au travail, et tant vanté par les millennials ?

Source : http://www.journaldunet.com/management/expert/65591/comment-le-big-data-devient-la-piece-maitresse-des-rh.shtml