Chaque année la Journée internationale des droits des femmes est là pour rappeler qu’il y a encore besoin d’une journée internationale des droits des femmes. C’est dire si le problème persiste. Voici pourquoi.

Changer le monde depuis… 1977

En 1977, les Nations Unies ont eu l’idée de créer une journée internationale dédiée aux femmes.

Elle trouvait son origine dans les luttes féminines du début du XXème siècle. D’abord celles des ouvrières aspirant à de meilleures conditions de travail et salaires. Ensuite, celles des suffragettes pour leur droit de vote.

L’idée de cette journée de sensibilisation fut reprise en France en 1982, sous le titre de journée internationale « des droits » des femmes, histoire d’être plus clair. Une dénomination révélatrice de la place des femmes dans la société française et du travail nécessaire sur ce point.

 

Les femmes croulent sous le poids de l’Histoire

Comme l’explique Patrick Banon, chercheur associé à la chaire Management & Diversité de l’Université Paris-Dauphine, les sociétés humaines fonctionnent depuis leur origine sur un modèle patriarcal.

Difficile dès lors de permettre aux femmes d’accéder aux mêmes droits que les hommes.

Parce que l’on trouvera toujours de bonnes excuses : le poids des traditions, des cultures et des religions.

Autant de raisons suffisantes pour faire tourner le monde toujours dans le même sens. Et pour créer les conditions d’une discrimination entre les sexes. Avec, par effet de ricochet, une division du travail entre des métiers masculins et des métiers féminins.

 

L’injustice est le terreau de la révolte

Chaque année, depuis le 8 mars 1977, se pose donc la même question : où en sont les femmes ?

Car se demander si les choses ont évolué depuis 1977, revient à se demander si les choses ont changé depuis 12 000 ans.

Et la réalité n’est pas agréable à entendre. Car rien n’a évolué, ou très peu. Les disparités persistent et l’on est encore loin d’une égalité réelle.

 

Les femmes font toujours le grand écart

Déjà, les femmes accomplissent 75 % des tâches éducatives et domestiques (1).

Ensuite, alors qu’elles représentent 50% de l’humanité (2), elles accomplissent les 2/3 du travail humain, et elles ne touchent que 10% des revenus de ce travail, tout en n’étant propriétaires que d’1% des richesses (3).

Et pour combler le tout, les femmes représentent aussi 70% des travailleurs pauvres dans le monde (4), du fait principalement du travail à temps partiel. Sachant qu’elles ont aussi un second métier, domestique, qui représente en moyenne 3 heures par jour et pour lequel elles ne touchent pas de salaire.

 

Pas d’égalité réelle sans mixité

Alors quels sont les moyens pour remédier à cette situation ?

D’abord la prise de conscience médiatique. Mais une journée de sensibilisation par an est-ce suffisant ?

Ensuite par la Loi. Celle de Marie Jo Zimmermann instaure par exemple une gouvernance à minima de 40% de femmes ou d’hommes dans les conseils d’administration des grandes entreprises. C’est déjà une avancée. Le passage par la loi semble de toute manière le moyen privilégié pour améliorer la situation. A condition que la loi soit appliquée. C’est ce que projette le gouvernement à la fin du quinquennat.

Enfin, en appuyant sur la mixité. Selon Patrick Banon, le premier pas vers l’égalité serait en effet d’instaurer une forme de mixité des métiers. En 2017, seulement 17% des métiers sont mixtes. C’est déjà un peu mieux qu’en 2014 (12%).

 

En avançant à ce rythme, l’égalité réelle est envisagée pour 2186.

Cela ne fera plus que 167 journées du 8 mars à fêter.

 

 

SOURCES :

(1) Rapport du secrétariat d’état chargé de l’égalité entre les femmes et les hommes – 2017

(2) données de la Banque Mondiale

(3) Source Unicef/Haut conseil à l’égalité entre les hommes et les femmes

(4) Fonds de développement des Nations unies pour la femme